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 A la Réunion : De la francophonie au bilinguisme

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MessageSujet: A la Réunion : De la francophonie au bilinguisme   A la Réunion : De la francophonie au bilinguisme EmptyDim 20 Mar 2011 - 15:39

Vécue à La Réunion, la « francophonie » a un statut complexe, qui passe par la coexistence, sur un territoire exigu (2.512 km2), de deux langues au statut et au rayonnement inégaux, et néanmoins concurrentielles.
La « francophonie » n’a pas le même sens selon la situation linguistique de qui la considère. Le locuteur chinois, par exemple, qui vient à La Réunion, s’attend à y entendre parler français et à pouvoir parler cette langue, puisque l’île fait partie des territoires dits « francophones ». Elle l’est sans conteste, au sens d’un des 57 territoires, répartis sur tous les continents, où le français est répertorié comme « langue officielle ». Ce trait n’empêche pas que la plupart des visiteurs, en général respectueux de ce qu’ils découvrent en arrivant dans l’île, s’essaient très vite à exprimer en créole réunionnais leurs premières impressions. Ceci semble montrer qu’il peut y avoir plusieurs façons de comprendre et pratiquer la francophonie.

Pour les Réunionnais, comme pour tous les peuples dont la langue maternelle n’est pas le français – bien qu’ils le partagent comme « langue officielle » ou « langue internationale » – le maintien dans la francophonie passe par la défense et la consolidation de la langue maternelle et vernaculaire, puisque c’est cette dernière qui est leur porte d’accès au français. Il faut également noter que, si le créole est la langue maternelle d’une très forte majorité de Réunionnais, le plurilinguisme est aussi un des héritages du peuplement hétéroclite constitué pendant trois siècles sous la responsabilité de l’autorité coloniale française (*). Par son histoire, La Réunion est aujourd’hui un pays où se transmettent dans certaines familles : des langues de l’Inde (tamoul, urdu, gujarati), des langues bantoues venues de l’archipel des Comores, le malgache, le chinois hakka et le chinois cantonais, ainsi que l’arabe transmis dans les medersas. Et pour la plupart des groupes humains réunis sur l’île à l’époque de l’économie de plantation, le créole a été la langue du creuset et de l’intégration sociale.
Les études créolophones, depuis 30 à 40 ans, ont montré que la progression du français à La Réunion, loin de passer par l’affaiblissement du créole – voire par son « éradication », comme le prônaient encore dans les années ’70 certains fonctionnaires de l’Etat – est au contraire conditionnée à un renforcement de la pratique du créole. C’est aujourd’hui vers une politique du bilinguisme créole/français que s’oriente l’aspiration à une francophonie harmonieuse sur ce territoire, autrefois décrit par un journaliste français comme l’un des « confettis de l’empire ».

Pourtant, au plus près de la réalité vécue par les locuteurs créoles, cette harmonie est loin d’être la marque du quotidien. D’importantes avancées ont toutefois été réalisées dans les deux ou trois dernières décennies : le créole poursuit son entrée contrariée mais persistante dans le système scolaire, avec la création d’un CAPES (certificat d’aptitude à l’enseignement secondaire), les classes de Langue et Culture Régionale (LCR) et l’instauration d’une centaine de classes bilingues en maternelle et à l’école primaire. Mais ces conquêtes n’entrent dans les faits que « par le sommet » du système scolaire – de l’Université aux classes de collège, puis à l’école primaire – et de façon quasi expérimentale, au lieu d’être introduites par la base que sont les classes de la petite enfance – où commence l’apprentissage des langues – comme on le fait lorsqu’on veut donner un caractère massif à une directive officielle.
La grande majorité des petits réunionnais est créolophone, mais le système scolaire admet comme une évidence que des enseignants de maternelle ne parlent ni ne comprennent la langue des enfants qu’ils sont censés instruire. Ils ont avec eux des personnels ASSEM (assistants maternels) qui, eux, parlent le créole, mais sont aussi les premières victimes des réductions budgétaires, dans les communes. Tous ces faits mis bout à bout concourent à cautionner un système scolaire où le refus de faire sa place au créole peut continuer à s’affirmer sans crainte d’être sanctionné. Même si ce fait est aujourd’hui reconnu comme un des facteurs responsables de la perpétuation du fort taux d’illettrisme qui frappe encore 100.000 à 150.000 personnes, sur près de 850.000 habitants, parmi les plus faiblement scolarisés.
La position du pouvoir central français, traditionnellement très « jacobine », laisse les créoles de la République dans un statut encore très flou, bien que l’on compte par dizaines les projets de loi concernant les langues régionales et minoritaires qui ont été échafaudés depuis la Seconde guerre mondiale. Signe que le problème est réel et qu’il tarde à trouver sa solution.
La Constitution de 1992 reconnaît, dans son article 75-1 (Titre XII, « des collectivités territoriales ») que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France », mais le gouvernement français par ailleurs n’a pas ratifié en 1999 la Charte européenne des langues régionales et minoritaires et il a reculé en 2008 sur son projet de loi relatif au statut des langues régionales.

Cette situation autorise tous les abus, et ils ne manquent pas, visant à réprimer les locuteurs créoles dans la pratique courante de leur langue. Régulièrement, des prises de position intempestives de représentants de l’administration, se prévalent d’une interprétation restrictive de la loi – notamment celle qui dit que « la langue officielle de la République est le français » – pour interdire la pratique du créole dans les administrations, où pourtant la loi ne dit pas que d’autres langues devraient y être proscrites. La nécessaire compréhension, par les principaux intéressés, des directives ou des politiques mises en application devraient dicter à cet égard des comportements de bon sens… qui ne sont pas toujours les mieux partagés.
Il y a deux ans, un éducateur en lycée agricole avait été menacé de sanction par le proviseur parce qu’il s’était exprimé en créole lors d’une réunion du conseil d’administration. Dernièrement, c’est un chef de service de l’administration judiciaire qui a été à son tour menacé d’une sanction disciplinaire pour avoir parlé créole dans une réunion de service. Sa hiérarchie, en le convoquant, se demandait si l’usage du créole était chez lui a) une chose naturelle ? b) une revendication ? c) une provocation ?! Récemment encore, la tentation de la répression est allée, pour un proviseur de lycée hôtelier, jusqu’à menacer une enseignante de LCR de lui supprimer son enseignement (sa classe) si elle continuait à exercer son droit de grève contre les suppressions de postes dans l’Education Nationale !

Ces abus permanents donnent un aperçu du climat de pression et d’insécurité linguistique dans lequel vivent les locuteurs créoles, qui néanmoins ne désarment pas. Un « Office de la langue créole » (Lofis la lang kréol) s’est créé pour promouvoir le créole dans le cadre d’un bilinguisme rééquilibré et, dans les derniers mois, cinq (bientôt sept) des 24 communes de l’île ont adhéré à sa « Charte des communes bilingues de La Réunion ».

(*) le statut de colonie a été aboli par la loi du 19 mars 1946.

Par Kalouma pour Chine et Francophonie
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