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 Entretien avec le Professeur Huo Da Tong, psychanalyste, dans son bureau de l’Université du Sichuan à Chengdu

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Albert Helly

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MessageSujet: Entretien avec le Professeur Huo Da Tong, psychanalyste, dans son bureau de l’Université du Sichuan à Chengdu   Sam 9 Mai 2015 - 13:44

J’ai déjà rencontré le professeur Huo en 2012. Trois ans plus tard, au moment de sa retraite, il nous livre quelques réflexions sur la montée de la spiritualité en Chine et la place de la psychanalyse dans ce pays.

Bonjour professeur, j’ai appris que vous avez pris votre retraite, quel bilan faites-vous de votre activité universitaire commencée en 1995 ?

Oui, j’ai arrêté mes cours début avril et je vais prendre deux mois de repos. Ensuite je reprendrai mes recherches pour écrire un livre.

Aujourd’hui il n’y a toujours pas de département de psychanalyse à l’université. La psychanalyse  est rattachée au département de sociologie et de psychologie. Par contre il existe depuis 15 ans un DEA de psychanalyse sur 3 ans. Il y avait chaque année environ 10 étudiants, parfois 20. Aujourd’hui il y en a seulement 5 ou 6 parce que la politique de l’université a changé, elle a voulu développer la qualité de ce diplôme.

Par ailleurs, il existe un Master et un Doctorat de psychologie mais nous n’avons pas de diplôme de psychologie clinique. Pour devenir consultant il faut passer un concours d’entrée dans des Instituts extérieurs à l’université, c’est une formation courte avec un stage de 3 mois.

En Chine, 600 000 personnes ont obtenu ce diplôme, seulement 60 000 sont consultantes (sur 1 milliard 370 millions d’habitants). Les autres ont d’autres formes de travail (dans la santé, les entreprises, les services de l’Etat).

En ce qui concerne la psychanalyse, nous avons un centre de formation à la psychanalyse ici, à Chengdu. La formation nécessite d’avoir fait soi-même une psychanalyse et d’avoir réalisé un DEA. Nous sommes plusieurs enseignants dans ce centre. Il y a aujourd’hui en Chine environ 20 psychanalystes de tendance lacannienne, formés chez nous. Mais il existe une autre tendance, d’influence américaine.

Que pensez-vous de la baisse actuelle de la croissance économique de la Chine ?

Le corps économique de la Chine est devenu énorme, il ne peut plus se développer à la même vitesse qu’auparavant. Ce ralentissement s’explique, à mon avis par trois causes.

L’augmentation des salaires tout d’abord a entraîné un ralentissement de la production, mais aussi une augmentation du niveau de vie de l’ensemble de la population, notamment des salariés. De plus en plus de personnes peuvent s’acheter une moto électrique, du matériel électronique, un smartphone, un appareil photo perfectionné et voyager, à travers la Chine comme à l’étranger.

Ensuite les structures économiques doivent être changées, elles ne doivent plus viser la quantité mais choisir comme priorité la qualité des produits.

Il faut y ajouter une cause extérieure qui est la crise économique en Europe, d’où la réduction des exportations.

La Chine est donc à un carrefour, comment la situation évolue-t-elle ?

Le pouvoir central et local incite fortement la création personnelle, une importance plus grande est accordée à la personne et à la liberté de création. Le gouvernement utilise la critique et l’impatience populaires pour faire pression sur les structures économiques afin qu’elles se transforment et se tournent vers la qualité.

Mais il fixe une limite à la critique, une ligne rouge à ne pas franchir, la critique peut avoir pour objet le niveau local mais elle ne doit pas porter sur les hauts dirigeants ni sur le régime.


Mais les Chinois acceptent-ils ces limites à la critique ?

Oui, ils les acceptent car ils voient que des actions sont menées dans les domaines de la corruption, de la pollution et des inégalités.

Lors d’un entretien dans un journal français en 2014, vous disiez que la Chine veut devenir la première puissance économique mondiale mais qu’elle n’a pas de modèle de société à proposer. Que voulez-vous dire par là ?

Actuellement la Chine est écartelée entre ses propres valeurs traditionnelles et les valeurs de l’Occident, dont elle suit la forme de développement économique. Il lui faut inventer une Chine nouvelle qui devra concilier non seulement ces deux formes de société, mais aussi qui devra s’adapter à la mondialisation, pour qu’elle y trouve sa place. Tous les Chinois le veulent, pas seulement les jeunes, les anciens aussi, qui en ont bien conscience.

Vous disiez aussi que les Chinois consultent de plus en plus les psychologues, comment l’expliquez-vous ?

Le développement de la Chine a été extrêmement rapide, trop rapide, avec de nombreux traumatismes historiques. Il en résulte de nombreux conflits, au sein de la famille, de l’école, de l’entreprise. Cette croissance économique s’est faite aussi au détriment du sens de la vie. Chacun cherche la tranquillité de son état psychique, plus de sérénité en famille, les consultations sont donc de plus en plus nombreuses.

C’est aussi la raison de la forte progression de la spiritualité, on se tourne vers les croyances pour trouver du sens à la vie, le christianisme  lui-même est en plein développement en Chine ; il accompagne le modèle économique adopté de l’Occident.

Que pensent les autorités de cette recrudescence de la spiritualité ? Des croix et des églises ont été détruites, sur ordre des autorités, dans la ville de Wenzhou.

Je n’ai pas connaissance de ces faits, dus certainement à un abus de pouvoir des autorités locales.
Depuis les origines en Chine, sous les différentes dynasties, les croyances ont toujours été libres, chacun a  le choix, comme « Les Trois Enseignements », à condition qu’elles ne remettent pas en cause le pouvoir politique.
Il en est de même aujourd’hui, il y a une limite à ne pas dépasser, la remise en cause du régime. Les Chinois ont besoin de trouver l’équilibre entre matérialisme et spiritualité.

Il y a 3 ans, lors de notre dernière rencontre vous aviez le projet d’établir « une anatomie des organes immatériels de l’inconscient".

C’est terminé et j’ai publié cette étude.
(le professeur Huo se lève alors avec énergie, va chercher un feutre et trace un schéma au tableau blanc, tout en me donnant les explications).


Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Tout d’abord me reposer après tant d’années de travail incessant. Ensuite il est question de publier tous mes cours, sur les 5 années à venir. Je vais aussi écrire un livre sur la métaphysique.

Liens :
Entretien 2012

La Chine sur le divan

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