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 Mo Yan Prix Nobel de Littérature 2012 : rencontre avec Noël Dutrait traducteur français de « Beaux seins, belles fesses »…

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Albert Helly

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MessageSujet: Mo Yan Prix Nobel de Littérature 2012 : rencontre avec Noël Dutrait traducteur français de « Beaux seins, belles fesses »…   Jeu 7 Fév 2013 - 0:40

Liliane et Noël Dutrait ont traduit une partie de l'œuvre de Mo Yan avant qu'il ne reçoive le Nobel de Littérature : "Le pays de l'alcool", "Beaux seins, belles fesses", "Quarante et un coups de canon" « Le maître a de plus en plus d’humour ».
C'est avec une grande simplicité et sincérité et modestie que M. Dutrait m'a accordé cet entretien.

Pouvez-vous nous dire quelle fonction vous occupez aujourd'hui et ce qui vous a conduit vers la langue chinoise ?
Je suis Professeur de langue et littérature chinoises dans le Département d’Etudes Asiatiques, Aix-Marseille Université et Directeur de l’IrAsia (Institut de Recherches Asiatiques), depuis 2012. Au sein de cette structure, j’ai une équipe de chercheurs qui travaillent sur le thème : « Critique du pouvoir et pouvoir de la fiction chez Gao Xingjian et Mo Yan. »

Mais tout à commencé en 4°, au collège, j'étais passionné par les langues, j'ai fait du russe au lycée mais je suis allé chercher la langue la plus différente possible de la nôtre, le chinois. C'était une forme de curiosité, de fascination vers le mystère de cette langue et son écriture. J'ai donc suivi les cours de chinois à Aix, cependant j'avais aussi très envie de traduire, l'acte de traduction m'attirait aussi. Beaucoup de gens travaillaient sur la littérature chinoise classique mais pas sur les textes contemporains, ce que je voulais justement, pour connaître le peuple chinois au moment de ses grands bouleversements.
Je me souviens que mon père, professeur de Lettres Classiques, aimait lui aussi traduire.

Comment en êtes-vous venu à traduire Mo Yan, bien avant qu'il n'obtienne le Prix Nobel ?
C'est d'abord Gao Xingjian, lui aussi bien avant le Nobel, que j'avais traduit, mais je me suis fait connaître comme traducteur par "Les trois rois" , de A.Cheng (en 1998). Les éditions du Seuil m'ont alors sollicité pour traduire "Le pays de l'alcool" de Mo Yan, qui n'était d'ailleurs pas son premier livre sorti en France. Puis d'autres sont venus.

Mo Yan est déconcertant pour les lecteurs français, à la fois par l'univers fantastique, même fantasmagorique de ses personnages, à la fois par sa forme narrative originale, à deux niveaux parfois, comme dans "Le pays de l'alcool" et dans "Quarante et un coups de canon".
Vous qui le connaissez bien, comment expliquez-vous ce foisonnement qui nous déroute ?

Tout d'abord, originaire de la campagne Mo Yan est nourri et fasciné par les contes fantastiques racontés oralement, les histoires de diables, d'animaux mythiques, de renards et autres bêtes qui peuplent l'imaginaire de la campagne chinoise, il y a baigné.
Ensuite, à l'armée il a découvert la littéraire internationale qu'il a dévorée, il a voulu tout connaître, Garcia Marquez, Lu Xun, le Nouveau Roman français et il a voulu s'y exercer, "à la manière de", qu'on retrouve dans toutes ses œuvres . Par exemple, la troisième partie de "Grenouilles" est inspirée par une pièce d’imitation du théâtre de Sartre !

Par contre, Mo Yan est très populaire auprès des Chinois, complètement en phase avec ses lecteurs, d'après vous, que nous révèle-t-il de l'âme chinoise ?
J'ai l'intime conviction, contrairement à d'autres, que l'âme chinoise n'est pas si différente de la nôtre, et la littérature chinoise contemporaine nous le montre bien. Les valeurs sont les mêmes, les drames humains, les douleurs, les malheurs sont les mêmes, les gens de la campagne, en Chine comme en France, vivent les mêmes préoccupations, les mêmes angoisses, il y a toujours et partout les bons et les méchants, mais les bons sont aussi capables de faire des choses mauvaise ainsi que le contraire. Mo Yan nous immerge dans l'univers chinois, qui n’est pas tellement éloigné du nôtre.

Votre méthode de travail pour traduire m'a beaucoup impressionné, tout d'abord par cette collaboration étroite avec Liliane, votre épouse, aujourd'hui décédée, et aussi par cette relecture finale, l'épreuve du "gueuloir", comme disait Flaubert.
Au début je travaillais seul mais je lui demandais parfois son avis, puis petit à petit c'est devenu notre forme de travail, j'étais chargé de la première étape, le passage du chinois au français puis c'était son tour pour apporter la qualité de la langue française, qu'elle pratiquait bien mieux que moi. Et c'était devenu notre quotidien, un travail fusionnel jusqu'à la fin, jusqu'à ses derniers jours elle a traduit avec moi.
Nous avions instauré la lecture finale à haute voix ; voilà comment ça se passait. J'étais à l'ordinateur et je relisais notre texte à haute voix et quand cela ne lui plaisait pas, nous corrigions immédiatement, ensemble nous cherchions la meilleure formulation, qui sonne bien à l'oreille, pour ça, elle était bien meilleure que moi. C'était son métier, elle travaillait pour les éditeurs à la réécriture et corrections de manuscrits.

C'est une espèce de méthode que nous avions élaborée ensemble, traduire, pour nous, c'est rester au plus près du texte mais en s'en écartant, si nécessaire, pour chercher à produire une rédaction qui donne plaisir au lecteur.
Par ailleurs, contrairement à d'autres, nous ne coupons rien, nous n'édulcorons pas non plus le texte d'origine, nous essayons au maximum de garder la marque du style de l'auteur, son rythme, même ses longueurs, s'il y en a.

Quels sont vos projets actuels ?
Aujourd'hui, je travaille avec des collaborateurs auprès desquels je remplis un peu le rôle que Liliane jouait avec moi, pour chercher la qualité du texte final. Actuellement, nous préparons la sortie d’un recueil de textes théoriques de Gao Xingjian, paru à Hong Kong sous le titre en chinois : Lun chuangzuo ».


- Mo Yan Prix Nobel
- Grenouilles
- Guan Jian présente MO Yan

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